Sur les traces de ceux qui nous ont précédés à Mouzillon

La famille DEFONTAINE

Les registres paroissiaux nous permettent d'avoir une perception assez précise des habitants du Grand-Plessix. A la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle deux familles sont au Grand Plessix :

--> la famille Ripoche dont des parents sont à l'Augerie et au Petit Plessix, deux villages voisins. La famille Ripoche semble occuper une place moins importante puisque dans un acte, au sujet de leur domicile, est utilisée l'expression « la borderie du Grand Plessix ». Le terme borderie indiquant une petite métairie.

Cette borderie était-elle une partie de ce qui a constitué au siècle suivant la métairie du Grand-Plessix (une cinquantaine d'hectares) ou s'agit-il du Petit-Plessix (une douzaine d'hectares ?

--> la famille Défontaine que l'on identifie clairement sur quatre générations, avec la branche Jahan.

La ferme, au nord de la sanguèze, regroupait des prés et ces champs sur une cinquantaine d'hectares. Nous ne disposons pas d'éléments assez précis pour présenter le type d'exploitation. Il s'agissait vraisemblablement de polyculture produisant des céréales (blé, seigle, orge, avoine), du lait, de la viande bovine, des fibres pour le tissage (lin), avec une basse-cour.

Les bâtiments permettaient à deux familles de se loger. Le travail était surtout namuel et collectif... une évaluation conduit à estimer que la force de travail était constituée de 5 à 10 personnes.

Les propriétaires étaient la famille Barrin de la Galisonnière qui possédait aussi les fermes voisines du Pin et de la Bottinière.

Présentation de la reconstitution généalogique

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L'année déterminante pour la famille DEFONTAINE sera l'année 1723. Cette année là, meurt Gabriel DEFONTAINE le 24 juillet, âgé de 30 ans, laissant Marie PINEAU veuve et enceinte de son quatrième enfant. Le lendemain, 25 juillet meurt Louis DEFONTAINE, le grand père, veuf de Jacquette GIRAUD, à l'âge de 75 ans. On imagine la détresse de cette petite communauté humaine dépendante d'une maladie, d'une épidémie, d'une blessure... La vie humaine est fragile. Les travaux de la ferme nécessitent les bras de tous ceux qui sont valides.

La famille DEFONTAINE était dans cette métairie comme exploitante. Les événements qui viennent d'arriver marqueront la fin de cette branche familiale dans ce village. Heureusement Marie PINEAU est une femme solide qui n'est pas sans atout.

Nous retrouvons les enfants du couple DEFONTAINE/PINEAU sur Vallet quelques années plus tard mariés et domiciliés à la Touche, aux Chaboissières et à la Débaudière.

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Les DEFONTAINE en France

Le patronyme DEFONTAINE est assez répandu à la fin du XIXème siècle dans les départements de Loire-Atlantique, de Maine et Loire et de Vendée. Il n'est donc pas surprenant de le trouver à Mouzillon.

Le premier foyer de ce patronyme est le nord-Pas-de-Calais et le second est à l'ouest. Il nous conduit à associer la population mouzillonnaise à celle de la moitiée nord de la France.

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La famille PINEAU

Marie PINEAU, veuve DEFONTAINE est née à VAllET, et plus précisément au village de BRAUD.

Au XVII et au XVIIIe siècles les familles PINEAU sont bien implantées sur la territoire de Vallet; plusieurs lignées PINEAU peuvent être identifiées :

--> dans le quartier Bouchefoire / Aujardière / Roussière

--> dans le quartier Giraudières / Rogon

--> dans le hameau de BRAUD où est née Marie PINEAU;

--> à la Pouinière et aux Courrères

--> à la petite Masure

--> dans le quartier Corbeillières / Porchetière / Regrippière

--> à la Baronnière et à la Ménardière

--> à la Pétinière

--> à la Chevallerie et au bourg

--> à la Salmonière

--> dans le quartier Moulin Gohau / Giraudières

--> à la Hersandière

--> au Clalune et à la Mandinière

--> aux Courrères / Noe /Pommerais.

Lignée familiale de Marie PINEAU se présente ainsi

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Marie PINEAU est née en 1694 probablement au hameau de BRAUD et est décédée au Grand Plessix à Mouzillon le 13 août 1776.

Elle est la fille de Jean PINEAU et de Marie GAUFRIAU. Elle est l'une des 7 enfants. C'est une famille d'agriculteurs, exploitant une femme appartenant à la famille BARRIN de la Galissonnière (même famille que les propriétaire du Grand Plessix à Mouzillon). L'histoire des Landes des Chaboissière va mettre en évidence de forts tempéraments dans cette famille PINEAU.

C'est une famille profondément ancrée dans la paroisse de Vallet. Son frère René PINEAU a été prêtre et a exercé son ministère à Vallet.

Dans "Histoire de Vallet", Jean de Malestroit et Emile Laure présente les conflits qui ont surgi au sujet des landes d'Yzeron et des landes des Chaboissières. Les agriculteurs faisaient pacager leurs animaux et fauchaient de la litière sur cette zone de landes.

En 1744, deux propriétaire, les chartreux d'Yzeron et la famille BARRIN de Fromentaux, ont revendiqué la propriété des ces landes. La vieille sentence du présidial de Nantes formulée en 1530 n'était plus opérationnelle. La famille PINEAU ainsi que 10 autres métayés, sont aux côtés de la famille BARRIN, comme exploitants.

En avril 1777, l'expert, ingénieur en chef des Pont et Chaussées est accompagné de Gabriel DEFONTAINE, laboureur aux Chabossières. Ce laboureur est né au Grand Plessix à Mouzillon, il est le fils de Marie PINEAU et de Gabriel DEFONTAINE. Il a épousé Mathurine SUTEAU des Chabossières.

Le rédacteur de "Histoire de Vallet" précise "... Les détenteurs étaient, à cette date, une bonne cinquantaine. Parmi eux, intéressés aux landes par des biens aux Chabossières, se trouvait la famille PINEAU, de Petit-Braud, à laquelle appartenait messire Joseph Pineau, ancien vicaire de Chateauthébaud et, depuis, prêtre bénéficier et vicaire à Valet même. C'est lui qui fut l'âme de cette résistance [...]Avec Pineau, plus de cinquante teneurs donnèrent aussi leur procuration à [ Gabriel] Defontaine et à [François] Braud [...] ils veulent s'opposer à ce que soient creusés les fossés et plantées les bornes."

Ce chapitre de l'Histoire de Vallet laisse penser qu'il s'agit d'une affaire de pacage et de litière. L'enjeu de ce conflit est peut-être plus important. Au milieu de ce XVIIIe siècle, les plantations de vigne se développent. Le système des vignes à complant permet une économie plus prospère aussi bien pour le propriétaire que pour l'exploitant. Michel DUBOUEX évoque ces plantations de vignes.

L'exemple de ce qui se passe au Grand Plessix à Mouzillon est significatif. Entre 1723 et 1753, au Grand Plessix, Mathurin GUERIN, second époux de Marie PINEAU et beau-père de Gabriel DEFONTAINE a planté plus de 5 hectares de vignes à complant dans le clos des Grand-Frèches [ = les grandes friches]. Les héritiers de Mathurin GUERIN et de Marie PINEAU vont prolongé ce système de vigne à complant jusqu'à la fin du XXe siècle.

Ainsi, des terres de landes et de friches qui auparavant n'avaient pour fonction que de permettre quelques pacages et la fauche de litières, deviennent de terre convoitées pour planter du muscadet.

Mathurin GUERIN, époux PINEAU.

En 1723, Veuve, Marie Pineau reste au Grand Plessix. On peut supposer qu'elle prend la tête de l'exploitation en 1723.

Elle va épouser en seconde noce, Mathurin GUERIN qui arrive au Grand Plessix ou qui pouvait déjà y demeurer comme domestique.

Mathurin GUERIN est né le 05 novembre 1694 à la Gandonnière de Vallet (aujourd'hui commune de la Regrippière). Il est le fils de Mathurin GUERIN et de Sébastienne LECHAT. Son parrain est Joseph GUERIN et sa marraine est Mathurine GUERIN.

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L'acte de mariage du couple GUERIN-PINEAU n'a pas été identifié. Ce mariage a pu avoir lieu à la fin de l'année 1724, au cours de l'année 1725 ou au début de l'année 1726. En 1726, nait leur 1er enfant, Louise Guérin, au Grand Plessix. Ainsi, c'est Marie Pineau qui assure une position déterminante dans l'évolution de la transmission de l'exploitation de la ferme.

Nous n'avons pas d'information sur l'enfance, sur la formation, ni sur les compétence de Mathurin GUERIN, cependant, lui et sa descendance ont pleinement assumé l'opportunité offerte par Marie Pineau de s'implanter au Grand Plessix.

les GUERIN en France

Les inscriptions à l'état civil de la fin du XIXème siècle situe la concentration la plus forte de GUERIN dans les départements de Loire-Atlantique et d'Ile-et-Villaine. Plus largement les GUERIN sont répandus dans le quart Nord-Est de la France (Ardennes, Bassin parisien, Normandie, est-Bretagne, Poitou-Charente, l'ouest de l'Aquitaine et au long du Rhône.

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les évènements et les actions au Grand Plessix à la fin du XVIIIe siècle

Le couple GUERIN-PINEAU aura 6 enfants dont trois vont atteindre l'age adulte et se marier.

1 - En 1750 Marie va épouser Louis Lefort, un voisin de la ferme du Pin ; ce couple va s'implanter au Grand Plessix. Il y restera jusqu'en 1791 avec leurs descendants. Puis nous les retrouvons à la Martinière. Le mariage de Marie GUERIN célébré en 1750 nous donne quelques indices au sujet de la vie de cette famille. Ce mariage de Marie GUERIN, fille de Mathurin Guerin et de Marie Pineau, avec Louis LEFORT présentait deux particularités qui évoquent des questions abordées lors du mariage de 1806 au sujet de l'endogamie et de l'âge des mariés : Lors du mariage célébré le 09/02/1750, il est précisé qu'une dispense de consanguinité au 4ème degré avait été accordée. Cette dispense n'est pas unique, elle était fréquente à Mouzillon et le clergé paroissial y veillait tout particulièrement. Nous sommes dans la situation d'une union entre lointains cousins. Et la mariée née en 1734 n'avait pas 19 ans à son mariage, ce qui représente un jeune âge. Les filles de cette famille sont mariées dans leur jeunesse.

2 - En 1752 Mathurin va épouser Marie Oger de Tillière ; ce couple va s'implanter au Grand Plessix et une partie de sa descendance y est toujours. Le 3ème portant le nom de Mathurin GUERIN épousera une mouzillonnaise nommée ORGAN.

3 - En juillet 1761 Jeanne va se fiancer avec Jean Guilbaud de Vallet, ce couple aura une descendance à Vallet.

Mathurin GUERIN (1694-1753) est bien accepté dans l'entourage. Il est le parrain d'un voisin de la Motte.

Mais l'action qui change l'exploitation agricole est la plantation de vigne dans les grandes friches, ce qui deviendra le clos de Grand-Freiche. Ce clos est aujourd'hui intégré dans l'exploitation viticole de Beau Soleil.

Dans les temps où Mathurin GUERIN arrive au Grand-Plessix, entre 1722 et 1730, plusieurs villages changent de propriétaires. La famille BASCHER achète la Bottinière, le Pin et le Grand Plessix aux BARRIN de Fromentaux qui étaient héritiers des BARRIN de la Galissonnière. Ce changement de propriétaire et de métayer est l'occasion d'un renouvellement.

D'une part, un pressoir long fut, va être utilisé à la Bottinière, c'est là que sera pressé la vendange.

D'autre part, la main-d’œuvre ne manquait au Grand Plessix pour planter la vigne et la cultiver juqu'à ce qu'elle produise et l'entretenir par la suite. Le Grand Plessix va connaître une population jeune puisque le couple Marie GUERIN - Louis LEFORT va avoir 11 enfants et le couple Mathurin GUERIN - Marie OGER 6 enfants. La main-d'œuvre est donc abondante. Aux membres de cette famille pouvaient s'ajouter des ouvriers agricoles, comme l'atteste le décès de Jean Pouvreau, originaire de la paroisse de Cugand, mort au Grand Plessix le 24/02/1786; comme l'atteste le mariage de Elisabeth Aubin le 27 mai 1812 qui travaillait dans cette métairie.

Ces parcelles de vigne du clos de Grand-Freiche vont se transmettre de génération en génération jusqu'au début du XXIe siècle. Les liens de parenté entre les viticulteurs qui ont exploité ces vignes jusqu'à la fin du XXième siècle semblent être un indice convainquant. Ils sont les descendants du couple Mathurin GUERIN - Marie PINEAU. C'est ce fait qui permet de dater la plantation des ces vignes à complant, même si un remembrement en 1950 regroupera et réorganisera les parcelles de ce clos. description description

Mais le succès de cette exploitation agricole et viticole ne va pas garantir le développement de cette communauté humaine : au cours de la seule année 1783, meurent 2 petits-enfants de Marie GUERIN et 6 petits-enfants de Mathurin GERIN. L'espérance de vie est inférieure à 50 ans et une épidémie peut faire des ravages en quelques semaines.