Sur les traces de ceux qui nous ont précédés à Mouzillon

présentation de Michel DUBOUEIX

Yann DOUCET dans "Histoire de la vallée de Clisson" expose largement le contexte et l'action de cet homme.

Michel DUBOUEIX est le fils Guy Mathurin DUBOUEIX et de Françoise Élisabeth FORGET. Son père a été "notaire royal apostolique" Michel DUBOUEIX est né à Clisson, paroisse Notre-Dame, le 21 décembre 1742.

Sa sœur Françoise Marie Louise est née le 7 août 1747; son frère Guy Joseph est né le 13 juin 1749.

Michel DUBOUEIX aurait suivi des études chez les oratoriens à Nantes. Puis il se spécialise dans la médecine à la faculté d'Angers et rejoint Paris. Il sera de retour à Clisson en 1766.

Le 11 août 1767, Michel DUBOUEIX épouse à Mouzillon Catherine Jeanne Marie VINET, fille de Gabriel VINET et de Jeanne GREGOIRE. Le marié habite la paroisse Saint-Jacques de Clisson. Outre les parents, sont présents à ce mariage Antoine DELAYAIE MOCQUARD, docteur en médecine, René et Jean GREGOIRE.

Le couple aura 3 enfants :

 Marie née à Clisson le 7 septembre 1768

 Anne

 Michel-Charles qui épousera le 3 mars 1821 Madeleine BLOYER, veuve de Ulrich PELOUTIER.

En 1774, il est nommé à l'hopital de Clisson.

En 1786, il devient professeur de médecine à Nantes.

En 1791 il sera le premier maire de Clisson.

des écrits de Michel DUBOUEIX

En juin 1788, le "journal de médecine, chirurgie, pharmacie" publie "Topographie médicale de la ville & de l’hôpital de Clisson en Bretagne" par M. DU BOUEIX, docteur &professeur en médecine de l'université de Nantes, médecin de l’hôpital de Clisson.

Cet ouvrage nous renseigne sur les rivières, et les niveaux d'eau : "La moyne coule d'est à l'ouest et se jette dans la Sèvre, au pied de la principal tour du château de Clisson. Elle n'est pas navigable tant à cause des roches dont son lit est rempli que parce qu'elle se dessèche en plusieurs endroits l'été" [...] "il ne se passe guère d'années sans que ces deux rivières [la Sèvre et la Moine] sortent de leur lit et ne montent à cinq, six , huit à dix pieds au-dessus du niveau d'été. En 1770, dans la nuit du 25 au 26 novembre, après trois jours de pluie continue, la rivière monta en moins de six heures, à près de trente pieds au-dessus de son niveau. Les papeteries, les moulins à blé, à tan, à foulon, et tous les autres bâtiments établis sur le bord de la rivière, furent détruits en tout ou en partie, les ponts furent emportés, et cette inondation causa les plus grands ravages dans le cours des deux rivières. L'année suivante, le débordement fut encore porté à dix ou douze pieds : heureusement ces malheurs sont rares. On assure ici qu'il en arrive tous les trente ans de semblables. Des vieillards ont vu en 1740 et en 1710 des inondations aussi fortes que celle dont j'ai été témoins. Ce périodisme, s'il est bien prouvé, serait un phénomène qui mériterait bien l'attention des physiciens."

Michel DUBOUEIX nous renseigne aussi sur d'autres phénomènes météorologiques " Les vents d'ouest et de sud-ouest, sont ceux qui amènent les pluies : elles règnent quelquefois sous les vents de nord-ouest, mais alors elles sont opiniâtres et très froides. Les grêles sont fréquentes en mars et en avril et l'on en voit quelquefois en juin. Ces grêles et de fortes gelées blanches, qui surviennent tout-à-coup après les premières chaleurs qui ont accéléré la végétation, détruisent quelquefois dans une seule nuit l'espérance que promettent les vignes, la production la plus abondante de ce pays."

Au sujet des productions agricoles, il mentionne : " on se sert principalement [ du vin blanc] pour la fabrication des eaux-de-vie, qui sont très bonnes; et qui font le principal objet de commerce avec l'étranger. Ces eaux-de-vie sont enlevées presque toutes pour le nord."

On cultive peu de grains aux environ de la ville, si ce n'est dans les cantons de l'ouest et du sud, et l'on sème beaucoup plus de seigle que de froment. Les maladies les plus ordinaires aux substances céréales, sont le charbon pour le froment et l'ergot pour le seigle.[...] On sème de l'orge, des avoines, et un peu de sarrasin, qui ne sert ici que pour engraisser les volailles et les cochons. Le lin est une plante qui vient très bien dans les vallées, dans les terres humides et légères, et dont les agriculteurs ne négligent pas de tirer parti.[ ...] Les bestiaux sont sains et vigoureux. Les bœufs servent au labour, et les chevaux aux charrois et au transports.[...] Je n'ai trouvé aucune observation particulière à faire sur les différentes espèces du règne animal que l'on trouve à Clisson, si ce n'est que l'on y voit quelquefois des loups, quoiqu'il n'y ait pas de forêt."

Michel DUBOUEIX donne aussi de précieuses indications sur les activités artisanales, industrielles et commerciales

"Le commerce de ce pays consiste en vins, eaux-de-vie, bestiaux, fils de lin, et en coutil, toiles, serges et gros draps qui se fabriquent dans les environs. A proprement parler, il n'y a pas de manufacture dans la ville, car on ne peut guère qualifier de ce nom une fabrique d'indiennes, établie depuis quatre ou cinq ans, par deux ouvriers Suisses; mais à une demi-lieue de Clisson, dans la paroisse de Cugand, il y a deux établissements considérables qui en tiennent lieu.

L'un est une fabrique de papier et carton, qui occupe tous les habitants d'un village nommé Antier, situé sur les bords de la Sèvre. On y fait des papiers de toutes grandeur et qualité. Cette manufacture et quelques autres de même espèce, située à peu de distance sur la même rive, forment une branche de commerce très importante. Les ouvriers de ces papeteries sont pâles et maigres; ils ont communément les jambes oedématiées; les maladies dont ils sont le plus souvent affectés, sont les rhumatismes, les catarrhes, et plusieurs meurent phtisiques. Les femmes que l'on emploie au tirage du papier, et qui sont occupées journellement à le plier et à le nettoyer, sont sujettes à la suppressions des règles, à la chlorose, et à la cachexie qui en est la suite.

L'autre établissement, situé dans la même paroisse de Cugand, à un quart de lieue de la ville, et sur la rive gauche de la Sèvre, est une forge ou fonderie de fer, qui devient de plus en plus considérable, étant aujourd'hui dirigée par un négociant très riche. On s'occupe dans cette forge à refondre tous les débris de canons et autres ouvrages de fer, marqués à la fonderie de Nantes, ainsi que tous les rebuts appelés carcas, et ferrailles que l'on recueille de toutes parts. On en fait du fer en baguette cylindriques, qui sert pour les chevilles de navire, du fer plat et des pivots de moulin à sucre pour l'Amérique. Les ouvriers de cette forge sont maigres, pâles sujets aux affections inflammatoires, et particulièrement aux péripneumonies.

Dans la ville de Clisson, les tanneurs, les mégissiers, les chamoiseurs, qui sont en assez grand nombre, ne sont pas plus sujets aux maladies que les autres habitants, et on ne leur en connaît pas de particulière, ce qu'on peut attribuer à la pureté de l'air de la ville, et à l'aisance qui permet à ces ouvriers d'être bien vêtus, biens nourris et surtout de faire usage du vin.

Les tisserands, qui habitent le faubourg de la Madeleine du temple, et celui de Saint Gilles, qui lui est contigu, ne sont pas aussi mal constitués et aussi souvent malades, que le sont ces ouvriers dans les autres pays, parce qu'au lieu d'avoir leur métier dans des caves, ils travaillent eu rez-de-chaussée, et qu'ils sont tous des jardins élevés, où ils prennent l'air de temps en temps.

[...] La nourriture ordinaire des gens aisés est le pain de froment, la viande de boucherie, le gibier, qui est abondant, et les légumes. Le pain de seigle et d'orge, le lard et le beurre sont les aliments ordinaires du bas peuple. Le vin blanc du pays est la boisson d'usage. Il n'y a que les plus pauvres qui boivent de l'eau ou du mauvais cidre, fait avec des cerises ou des pruneaux fermentés dans l'eau."

Ces écrits témoignent d'une perception précise des mode de vie de la population de Clisson et des environs. Michel DUBOUEIX connaissait bien Mouzillon où résidait la famille de son épouse.