Sur les traces de ceux qui nous ont précédés

La Capitation

A la fin du XVIIe siècle, en 1685, l’État français a mis en place un impôts appelé "capitation" pour faire face aux dépenses militaires de la France. Les nobles et le clergé sont imposés sur des rôle distincts.

Cet impôt est calculé par paroisse, avec identification des personnes et des activités. Les Archives Départementales de Loire-Atlantique mette à notre disposition les rôle de capitation de la paroisse de Mouzillon pour les années 1718, 1740, 1741, 1789 et 1790.

Le rôle de capitation de 1718

Le document est bien écrit et clair. après une introduction figure la liste des personnes imposées et le montant de leur imposition.

Le rôle est approuvé par G. GRASSET, BETON, J. BAHUAUD.

La place des femmes

Majoritairement, ce sont des noms d'hommes qui figurent sur ce rôle de capitation. Quelques femmes sont explicitement citées :

les veuves ... mais souvent c'est le nom de leur mari défunt qui les identifient.

le mot "servante" désignent les femmes qui travaillent dans une maison ou dans une exploitation. Leur identité n'est pas explicitée.

Une hiérarchie sociale

Si les montants de la capitation des nobles et du clergé sont traités ailleurs, le registre paroissiale précise cependant ceux qui travaillent au service du clergé, ceux qui ont des fonctions spécifiques d'officier de justice ou de fermier (ceux qui ont la charge de collecter les impôts), ceux qui sont métayers, laboureurs et journaliers, avec leur secteur géographique.

Le rôle de la paroisse de Mouzillon est constitué en tenant compte des secteur d’activités et des secteurs géographiques, autour des gros villages.

Les personnels de maison ou d'exploitation ne sont pas nommés ; ils sont dit "valets" et "servante"

Apparait aussi une classe sociale très modeste, de gens "peu aisés" et même pauvre.

Un tableau synthétique

Le tableau ci-dessous répartit les 397 imposés en fonction de leur secteur et du montant de l'imposition qu'ils devront acquitter avant la fin de l'année 1718.

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Les rôles de capitation de 1740 et 1741

Le rôle capitation de 1740, situé 22 ans après celui de 1718, partage des caractéristiques avec son prédécesseur sur la place des femmes, sur la conception de la hiérarchie sociale.

Les mouzillonnais cités sont : VINET, Jean GUILBAUD, Pierre DENIS. ainsi que Jean MABIT de la Poulfrière et René FLEURANCE de la Haie Pallet

Un tableau synthétique permet cependant de remarquer une évolution

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Le nombre de contribuables a augmenté de 80, soit une augmentation de 20%. Qu'est-ce qui a provoqué cette augmentation ?

= Un changement dans les règlementations fiscales ? Des vérifications restent à faire.

= Le recensement de 1718 venait après les années difficiles pour les récoltes et pour la santé des populations rurales, augmentant les risques de mortalité.

Le rôle de 1740 pourrait laisser à penser que les mouzillonnais se sont légèrement enrichis : en 1740, 47% des contribuables payent 3 livres ou plus de capitation, alors qu'en 1718 ils n'étaient que 36% à payer 3 livres et plus de capitation. Une hypothèse qui reste à vérifier, serait que l'accroissement de la culture de vigne a donné du pouvoir d'achat aux populations des exploitants locaux. Cette hypothèse reste à confirmer.

Les rôles de capitation de 1789 et 1790

Les répartiteurs mouzillonnais du rôle de 1790 sont : Jean TEIGNE, René BREVET, Julien GREGOIRE, P. BONNET, Pierre BRILLOUET, Louis LEFORT, Louis LAMOUREUX.

Le montant de la capitation est de 1387 livres

Le tableau récapitulatif donne les indications suivantes

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Comparaison entre les rôles de capitations de 1718, de 1740 et de 1790

La place des femmes n'est pas encore valorisée.

Le nombre de lignes a diminué. Cette baisse pourrait s'expliquer par la crise qu'a provoquée la dysenterie en 1779-1780 et par la crise qu'a provoquée le maque de soleil en 1785.

Une évolution au XVIIIe siècle

Un tableau de comparaison description

Le tableau des contribuables les plus sollicités au cours du XVIIIe siècle description

Ce tableau met en évidence d'une part une stabilité des familles qui ont le plus de moyens budgétaires et qui se les transmettent: les familles LUNEAU, VINET, GREGOIRE, BAHUAUD, SAUVION, DEFONTAINE...

Et d'autre part des familles qui ont majoré leurs moyens budgétaires : ORGAN, DENIS...

Cette société n'était pas figée. Elle offrait des possibilités d'évolution et de mutations dont quelques uns ont profité pour majorer leurs moyens budgétaire ou pour se hisser au-dessus des nécessités.